
Il est difficile de revoir une telle image. Une moine, un homme qui a dédié sa vie à ne faire de mal à personne, demander aux militaires d’arrêter leur exaction. Il est terrifiant de voir que 20 ans, 30 ans, 40 ans après, on exécute toujours sans sourciller des hommes qui ne se défendent pas. Le courage, comme disait Aung San Suu Kyi, ce courage qui ne peut plus manquer... À un moment donné ou un autre, il faut se lever, et au prix de sa vie gagner sa liberté... ou sa mort. Il est impensable d’imaginer ne serait-ce une seconde un moine battu à mort par un militaire ! Comment peut-on être mis dans une situation où on serait « danmé » pour cette action. Seraient « dannés » aussi tous ceux qui observent et qui ne font rien. Je suis déjà damné d’appartenir à ce monde de violence. Quel héritage laissons-nous à nos enfants... ? Un monde pas forcément meilleur, où on a l’impression que rien n’a évolué.
L’homme mange toujours son prochain, il est probablement le plus grand cannibale qui existe. 1200 personnes incarcérées, dont 700 moines, pour le dernier bilan de la Commission asiatique des droits de l’homme. Cette rebellion des moines rappelle l’histoire de Bodhidharma qui s’opposa à des brigands qui sévissaient impunément dans une région de la Chine. En rencontrant le maître de la non-violence, le Chef des bandits s’est reconverti. Les moines descendants de Bodhidharma semblent vouloir réitérer son action. Au Vietnam pendant la guerre, on se souvient de ce moine qui s’est immolé devant les soldats. Il a marqué les esprits de son époque. Les généraux Birmans seront-ils figés comme dans l’ancien temps devant tant d’« absolu » ou d« abnégation » ? Rien n’est moins sûr... ce qui veut dire que l’homme a quand même évolué, peut-être vers le pire...







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