CINÉMA - RÉTROSPECTIVE CLIMATS
Du mercredi 31 octobre au dimanche 4 novembre 2007, la 8ème édition des Utopiales, Festival International de Science-Fiction de Nantes, nous invite à découvrir la science-fiction à travers toutes ses dimensions : cinéma, littérature, bande dessinée, arts plastiques, jeux, science et nouvelles technologies.
Àl’occasion du thème retenu « Les Climats », les Utopiales vont proposer une sélection des « incontournables », à voir et à revoir sur grand écran, qui balaiera près de cinquante ans d’extrapolations, d’anticipation et de catastrophes climatiques ou nucléaires. Chaque film sera présenté en salle par le programmateur Jean-Marc Vigouroux.
Le monde, la chair et le diable et La Bombe feront l’objet d’une soirée spéciale, animée par Thierry Piel, Maître de Conférence en Histoire à l’Université de Nantes.
LE MONDE, LA CHAIR ET LE DIABLE
THE WORLD, THE FLESH AND THE DEVIL, Etats-Unis, 1959 De Ranald MacDougall, avec Harry Belafonte, Inger Stevens, Mel Ferrer… 95’, VOSTF
SynopsisAprès un éboulement au fond d’une mine en Pennsylvanie, Ralph Burton attend des secoursqui n’arrivent pas et finit par se libérer seul des décombres. De retour à la surface, il découvre que toute trace de vie humaine semble avoir disparu après le passage d’un nuage radioactif. Est-il vraiment le seul survivant de l’humanité ? Pourquoi ? Ressorti en copies neuves au mois de mai dernier chez Madadayo Films, le film de Ranald MacDougall est longtemps resté aux oubliettes de l’Histoire. Et pourtant, Le Monde, la chair et le diable s’inscrit dans la pure projection nucléaire et paranoïaque des années 50, autantque dans une tentative de démythification de la question raciale aux Etats-Unis. À ne pas manquer !
THE WAR GAME, Grande-Bretagne, 1964 De Peter Watkins 60’, VOSTF
Synopsis :
Une bombe atomique soviétique s’abat en Angleterre. À partir de cette
hypothèse faite dans le contexte de la Guerre froide, Peter Watkins imagine les
conséquences immédiates de l’attaque, les milliers de victimes, l’insuffisance des mesures
de protection et le retour à la barbarie, le tout dans le style des actualités.
Pourquoi ?
La Bombe est un « documenteur » qui dit malheureusement la vérité dans toute son horreur,
par une accumulation forcenée et méticuleuse de détails, même si plusieurs spécialistes
pensent encore que Watkins (Punishment Park) est en dessous de la vérité. Attention,
document bouleversant qui laisse prostré dans ses pensées pendant des heures…
SOLEIL VERT
SOYLENT GREEN, Etats-Unis, 1973
De Richard Fleischer, avec Charlton Heston, Edward G. Robinson,
Leigh Taylor-Young…
97’, VOSTF
Synopsis :
En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Surpeuplée, New York est nourrie par l’aliment-miracle que produit la « Soylent Incorporated ». À la suite d’un meurtre, un officier de police est amené à enquêter sur cette société. Il découvrira l’horrible secret de la nourriture offerte aux hommes… Pourquoi ? Soleil Vert est à coup sûr l’un des sommets du cinéma de science-fiction, tant sa peinture de la nature humaine, contrite dans une impasse politique, sanitaire et sociale, rend le propos et l’efficacité du film doublement inaltérables. Richard Fleischer fait mieux que d’adapter Make room ! Make room ! de Harry Harrison, il signe un chef d’œuvre du film noir américain.
MALEVIL
MALEVIL, France, 1980
De Christian de Chalonge, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc,
Jean-Louis Trintignant…
119’, VF
Synopsis :
Dans la campagne, six hommes et une femme ont survécu à un accident nucléaire. Incapables de savoir s’ils sont les seuls rescapés, ils apprennent à se réorganiser en une microsociété harmonieuse. Nous loin de là, un autre groupe tombe sous le joug d’un dictateur… Pourquoi ? « Librement adapté » du roman éponyme de Robert Merle (Un animal doué de raison) paru en 1972, Malevil est une fable post-apocalyptique 100% française, rurale et tendue comme la partition de Gabriel Yared. Un casting de grande classe (Jacques Villeret et Robert Dhéryen sus) et un César 1982 des meilleurs décors pour Max Douy.
BIS ANS ENDE DER WELT, Allemagne, Australie, France, 1991 De Wim Wenders, avec William Hurt, Sam Neill, Max von Sydow… 179’, VOSTF
Synopsis :
1999. Alors que la Terre est menacée par un satellite atomique dont on a perdu le contrôle, Claire Tourneur poursuit Trevor McPhee à travers le monde qu’il parcourt, pourchassé par les grandes puissances désireuses de s’emparer de l’invention que lui a remise son père : une caméra capable de collecter des images pour sa mère aveugle… Pourquoi ? Inédit à ce jour en DVD et servi par un casting international (on y croise aussi Jeanne Moreau, Eddy Mitchell et Chick Ortega !), Wim Wenders signe une œuvre rare, un road movie romantique très « fin de siècle », aux dimensions de la planète. Une fable écologiste unique, rythmée par les hits de U2, Peter Gabriel, Talking Heads…
WATERWORLD
WATERWORLD, Etats-Unis, 1995 De Kevin Reynolds, avec Kevin Costner, Dennis Hopper, JeanneTripplehorn…135’, VF
Synopsis :
Vers l’an 2500, la mer a recouvert la planète. Les hommes vivent sur des atolls artificiels, condamnés à court terme. Seuls les optimistes espèrent rejoindre le mythique Dryland, la terre ferme et salvatrice, mais tous ont peur des « Smokers », les pillards. Un jour débarque sur l’atoll Mariner, un sauveur improbable… Pourquoi ? Avec ses 175 millions de dollars de budget jetés à l’eau, Waterworld est considéré, y compris par ceux qui ne l’ont pas vu, comme le plus grand « flop » de ces vingt dernières années (juste devant Battlefield Earth). Et pourtant, à l’heure ou Kevin Costner, passé parinadvertance des loups aux poissons, peine à revenir sur le devant de la scène, les Utopialesvous proposent de redécouvrir ce naufrage financier mais sympathique divertissement…
LE JOUR D’APRES
THE DAY AFTER TOMORROW, Etats-Unis, 2004 De Roland Emmerich, avec Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Ian Holm… 120’, VOSTF
Synopsis :
Un changement climatique imprévu et violent à l’échelle mondiale entraîne à travers toute la
planète de gigantesques ravages, annonçant la venue d’un nouvel âge de glace. Le
climatologue Jack Hall tente de convaincre le président d’évacuer le pays, avant de se
rendre à New York, par -20°C, pour essayer de sauver son fils.
Pourquoi ?
Film catastrophe dans la pure tradition des fleurons du genre des années 70, Le jour d’après
met son gigantisme visuel et technique au service d’un propos. Ce qui n’est pas si commun.
Roland Emmerich (Stargate, ID4) nous sert sur un plateau plusieurs scènes d’anthologie,
dont la glaciation instantanée de New York, qui demeure un must sur grand écran. A noter,
après Donnie Darko, la faculté de Jake Gyllenhall (Brokeback Mountain, Jarhead, Zodiac) à
jouer encore les ados.
UNE VERITE QUI DERANGE
AN INCONVENIENT TRUTH, Etats-Unis, 2006 De Davis Guggenheim, avec Al Gore et les commentaires de Charles Berling… 98’, VF
Synopsis :
L’humanité est assise sur une bombe à retardement : le réchauffement de la planète. Plutôt que de céder à la délectation morose, Davis Guggenheim a choisi de relayer le combat passionné de l’ancien Vice-président Al Gore, qui depuis cinq ans sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l’urgente nécessité de réagir à cette crise.Pourquoi ? Ni tout à fait documentaire, tant le propos est engagé, ni non plus véritablement un film, La vérité qui dérange est en revanche une remarquable captation des doctes conférences d’Al Gore. Chiffres à l’appui, il s’avère particulièrement pédagogue, maniant l’humour avec maestria et vulgarisant à l’extrême les études, pourtant déjà anciennes, qui prévoient le pire pour l’être humain. « Si vous aimez vos enfants, allez voir ce film ! » Vous êtes prévenus…
LES FILS DE L’HOMME
CHILDREN OF MEN, Grande-Bretagne, Etats-Unis, 2006 De Alfonso Cuarón, avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine… 110’, VOSTF
Synopsis :
Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l’annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte et devient la personne la plus recherchée de la planète. Un homme est chargé de sa protection…Pourquoi ? Ecrit avant que le Mexicain Alfonso Cuarón ne réalise Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, Les fils de l’homme est une adaptation de P.D. James, au traitement (de fond etde forme) absolument tonitruant. D’une fluidité exceptionnelle, la caméra de Cuarón multiplie les plans-séquences inédits, afin de s’approcher du traitement documentaire (très French Connection) nécessaire à l’épaisseur du propos.
SUNSHINE
SUNSHINE, Grande-Bretagne, 2007 De Danny Boyle, avec Chris Evans (II), Cillian Murphy, Michelle Yeoh… 100’, VOSTF
Synopsis :
2057. Le soleil se meurt, et seule une explosion atomique pourrait relancer son activité. En route pour cette mission, le vaisseau Icarus II, privé de tout contact radio avec la terre, perçoit un message de détresse d’Icarus I, disparu depuis 7 ans. Pour ne rien arranger, un accident contraint les astronautes à modifier leur trajectoire…Pourquoi ? Conte métaphysique d’une beauté éclatante, Sunshine est une odyssée sensorielle qui compile les peurs primales les plus organiques. Danny Boyle (Trainspotting, 28 jours plus tard) livre ici un film introspectif, éprouvant, qui questionne sur le sacrifice de chacun pour assurer le devenir du monde.
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